Stéphane Mallarmé un coup de dés...  
Les Mots de Mallarmé révélés par Emile Littré
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Stéphane Mallarmé
Stéphane Mallarmé
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Emile Littré
Emile Littré

 

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GLAUQUE (glô-k'), adj.
1° Terme didactique. Qui est de couleur vert de mer. Feuilles glauques.
[note du webmestre : ce mot n'a pas de sens péjoratif.]
[L'Après-midi]

GLORIOLE (glo-ri-o-l'), s. f.
Petite gloire qu'on tire de petites choses. On nous apprend l'inutile et on nous laisse ignorer le plus important ; nous avons besoin de citoyens parvenus par une longue habitude à être justes, doux, humbles, patients, polis, discrets et généreux, qui sachent pardonner les injures, qui se connaissent en vraie gloire et qui la recherchent, qui méprisent les distinctions de vanité ou les glorioles, qui fassent plus de cas des grands talents et des grandes vertus que des grands biens de la fortune, ST-PIERRE, Discours préliminaire de ses annales politiques. S'applaudir d'être plus puissant que les autres, c'est une vanité, c'est une gloriole ; mais la vraie gloire, la grande gloire, c'est de faire le meilleur usage qu'il est possible de la supériorité de sa puissance, ID. Annales politiques. Les affaires furent retardées par ces prétentions et ces refus que les Romains nommaient gloriole, que tout le monde condamne quand on est sans caractère, et sur lesquels on insiste dès qu'on en a un, VOLT. Ann. Emp. Ferdinand III, paix de Vestphalie. La fumée de la gloriole m'ayant plus étourdi que flatté, J. J. ROUSS. Confess. XII. L'abbé de St-Pierre est l'auteur d'une expression qui commence à prendre faveur ; c'est le mot de gloriole, si bien adapté à cette vanité puérile qui ne vit, si on peut parler de la sorte, que de la fumée la plus légère et la plus prompte à s'exhaler, D'ALEMB. Éloge de l'abbé de St-Pierre. Ma petite gloriole d'auteur fut si satisfaite de se rencontrer auprès de la grande gloire de Lacédémone, que ... CHATEAUBR. Itin. 1re part
[Petit Air I]

GLOSER (glô-zé), v. a.
1° Commenter par gloses. Les auteurs qui ont glosé la Bible.
2° Fig. Critiquer, censurer. Sans gloser les humeurs de dame Frédégonde, RÉGNIER, Sat. IV. Quoi ! pour un maigre auteur que je glose en passant, BOILEAU Sat. IX.
3° V. n. Donner une glose. Qu'ont fait ces commentateurs et ces glossateurs, surtout ceux qui ont glosé sur les lois, qu'ont-ils fait ordinairement, sinon de charger les marges des livres de leurs imaginations, qui ne font le plus souvent qu'embrouiller le texte ? BOSSUET Exp. doct. cathol. Avert.
    Fig. Gloser sur l'Évangile, être madré, fûté. Au temps que le sexe vivait Dans l'ignorance et ne savait Gloser encor sur l'Évangile, Temps à coter fort difficile, LA FONT. Cord.
4° Parler d'une façon désapprobative. Car chacun taille, rogne et glose sur mes vers, RÉGNIER, Sat. XII. Sur notre honneur enfin aucun mortel ne glose, HAUTEROCHE, Bourg. de qualité, II, 6. Glosa sur l'éléphant, dit qu'on pourrait encor Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles, LA FONT. Fabl. I, 7. Et prend droit de gloser sur tous tant que nous sommes, MOL. Tart. I, 2. Oui-da, l'état de veuve est une douce chose, On a plusieurs amants sans que personne en glose, REGNARD, le Bal, sc. 3. Sachez, quoiqu'on en glose, Qu'un travers est, madame, une fort bonne chose, LANOUE, Coquette corr. III, 5. Certain cafard, jadis jésuite, Ose gloser sur ma conduite, VOLT. Poésies mêlées, 63.
[L'Après-midi]

GOURD, OURDE (gour, gour-d'), adj.
Perclus par le froid. J'ai les mains si gourdes et si pesantes, qu'il m'est impossible d'en écrire, Portrait d'un inconnu, en 1661, dans FR. MICHEL, Argot. ...outre l'air méchant, elle a l'air aussi gourde ; Connaissez-vous ce mot ? on l'a depuis un jour, Car il est très nouveau, mis en vogue à la cour, Il veut dire pesant, HAUTEROCHE, Bourg. de qualité, III, 6.
    Fig. N'avoir pas les bras gourds, être prêt à frapper. Il s'en allait.... battre sa femme.... Et témoigner qu'il n'avait les bras gourds, LA FONT. Rémois.
    Fig. N'avoir pas les mains gourdes, se dit d'un filou adroit, et aussi d'un homme âpre au gain.
    Blé gourd, celui qui est gonflé par l'humidité.
[Toute Aurore
...]

GOURDE (gour-d'), s. f.
1° Calebasse ou courge séchée et vidée dans laquelle les soldats et les pèlerins portent leur boisson. Avoir sa gourde pleine. L'eau du saint fleuve [Jourdain] emplit sa gourde voyageuse [de Chateaubriand], V. HUGO, Odes, I, 9.
    La gourde vient de la variété gourde de la courge lagénaire (cucurbitacées).
2° Par extension, bouteille clissée, d'une forme analogue à celle de la gourde et que l'on emporte quelquefois en voyage.
3° Ancien nom vulgaire d'une sorte d'hydrocèle, dite ainsi par assimilation.
[Toute Aurore
...]

GRIEF (gri-èf), s. m.
1° Dommage que l'on reçoit. Il a reçu des griefs dont il se plaint beaucoup. Redresser les griefs.
2° Motifs de plainte. Exposez vos griefs. Calvisson avait été capitaine aux gardes et avait quitté, c'était le grief, SAINT-SIMON 78, 2. Le peuple persan avait toujours compté parmi ses griefs contre le peuple turc le meurtre d'Aly, quoiqu'Aly n'eût point été assassiné par la nation turque qu'on ne connaissait point alors ; mais c'est ainsi que le peuple raisonne, VOLT. Moeurs, 158.
3° Au plur. Terme de pratique. Mémoire où l'on expose le préjudice résultant d'un jugement dont on appelle. Donner des griefs. Griefs et contredits. Griefs d'appel.
Terme d'ancienne pratique. Griefs hors le procès, pièce d'écriture par laquelle on en appelait à des juges supérieurs.
[Tombeau de Poe]

GUIGNON (ghi-gnon), s. m.
Mauvaise chance, principalement au jeu. C'est, malheureuse, toi qui me portes guignon, RÉGNIER, Sat. XI. Mais certes jamais un guignon N'arrive sans son compagnon, SCARRON, Virg. II. Ne croyez point, ma fille, que depuis trois mois vous ayez été en guignon ; je commence par le gain de votre procès.... SÉV. 491. Ce n'est pas sans un extrême chagrin que je vois ce guignon sur vous et sur lui, ID. Lett. 15 nov. 1684. Le coeur me dit que votre guignon [au jeu] ne changera pas, HAMILT. Gramm. 3. Oh ! j'ai toujours eu du guignon dans les rencontres, MARIVAUX, Doubl. inconst. II, 11. Ma foi, c'est jouer de guignon, il en faut convenir, GENLIS, Théât. d'éduc. le Magistrat, II, 1. Vous repartirez sans doute la veille de mon retour ; ce guignon-là, j'espère, ne me durera pas toujours, P. L. COUR. Lett. I, 379.
    Guignon guignonnant, sorte de génie malfaisant employé dans les contes d'enfant pour signifier ou expliquer des contrariétés successives.
[Le Guignon]

GUIVRE ou GIVRE (ji-vr'), s. f.
Terme de blason. Serpent.
    On dit aussi guivre. Rome a ses clefs ; Milan, l'enfant qui hurle encor Dans les dents de la guivre, V. HUGO, Orient. 2.
[Mes bouquins...]